Une année de stage pour devenir maîtresse : bilan et conseils

Hello ! Après plus d’un mois de vacances et autant de recul, je vous retrouve aujourd’hui pour faire un petit point sur mon année de PES (professeur des écoles stagiaire). J’avais déjà fais un bilan à mi-parcours, qui n’était pas jo-jo. Eh oui, j’ai vécu les grandes désillusions de début de carrière et il a fallu faire face à tout ça, au fait de ne pas tout déchirer dès la première année et de me remettre en question. Finalement, j’ai appris que cela faisait partie du métier et que c’était même essentiel : les remises en question, les recherches sur tel ou tel sujet, les améliorations sont nécessaires à tout enseignant pour rendre son enseignement encore plus pertinent et intéressant. Bref ! Je vais reprendre aujourd’hui quels points importants de cette année et essayer de vous faire profiter de mon expérience pour vous donner de modestes conseils. Bien sûr, tout ça ne reflète que mon ressenti et bien des PES n’ont pas vécu leur année de la même façon que la mienne (que ce soit en mieux… ou en pire, hélas).

Etre dans sa première classe : vous apprenez autant que vos élèves !

L’un des aspects qui ont été les plus difficiles pour moi à gérer a été de ne pas être au top niveau dès la première minute dans ma classe. Cette année, j’ai eu la joie  et l’immense honneur d’être l’enseignante le jour de la rentrée ! Première journée de classe pour des enfants après 2 mois de vacances, première journée de classe pour une enseignante qui, il y a 2 mois, ne savait même pas qu’elle serait là aujourd’hui. Tous les enseignants vous le diront : la rentrée est un jour bien particulier ! Alors quand, en plus, c’est la première, avec les premiers élèves et les premières activités à mettre en place, c’est chaud !

Mon conseil pour la rentrée : Faites illusion ! Oui, vous n’êtes pas à l’aise. Oui, vous ne savez pas comment faire. Oui, vous avez envie de retourner chez vous et de vous cacher. MAIS si vous êtes là, c’est qu’il y a une bonne raison : des inspecteurs et des maîtres formateurs vous ont jugé(e) aptes à enseigner ! Vous avez tout légitimité pour être où vous êtes à ce moment précis. Alors, assumez d’être enfin professeur des écoles et montrez à vos élèves qui vous serez pour un an : leur enseignant ! Placez-vous dans cette posture et n’en sortez pas. Tout se joue dans les premières semaines ! Votre autorité et le climat de votre classe sera déterminé par la première impression que vous ferez à vos élèves, mais aussi à leurs parents. Affirmez-vous : vous êtes le maître/la maîtresse et ce sont vos élèves !

Et puis, les jours vont passer, les semaines, les mois… Certains moments seront difficiles dans l’année : vous serez alors pris de doutes et aurez l’impression de ne rien savoir faire ! MAIS c’est normal ! Vous êtes en apprentissage ! Dans n’importe quel métier, vous avez droit à une période d’essai, pendant laquelle on vous montre les procédures, vous vous intégrez à l’entreprise, vous apprenez, quoi ! Eh bien là, c’est pareil ! Pendant un an (et même les années qui suivent !), vous allez apprendre votre métier, parce que, connaitre la didactique du français et des maths pour le concours, ce n’est pas la même chose que l’enseigner face à 30 paires d’yeux !

Mon conseil pour l’année en classe : Rappelez-vous qu’une année dans la scolarité des enfants ne va pas conditionner toute leur vie ! Oui, ça serait dommage que pendant un an, vos élèves n’apprennent rien. MAIS :

  1. Vous n’êtes pas le/la seul(e) enseignant(e) de ces enfants : vous êtes à mi-temps, ce qui veut dire que 50% du temps scolaire, les enfants ont un maître ou une maîtresse avec de l’expérience, qui pourra agir là où vous avez des difficultés.
  2. Vous êtes là pour apprendre : ce sont les séances foirées qui vous permettront de vous améliorer et de faire mieux la prochaine fois ! Pour ça, il faut bien sûr analyser son enseignement : le soir, posez vous 5 min et demandez-vous ce que vous avez réussi (très important !) et ce que vous avez foiré aujourd’hui et surtout comment y remédier. Ça ne prend pas beaucoup de temps, mais cette prise de recul fera que vous apprendrez très rapidement de vos erreurs et elle deviendra même une habitude (sur le trajet du retour, par exemple).

Enseignant, mais aussi étudiant en master…

Comme je le disais dans mon article précédent, une des difficultés est également le double statut qu’on nous impose (si vous n’avez pas la chance d’avoir déjà un master). Parce qu’en plus de la classe dans laquelle vous avez tout à apprendre, vous avez aussi une tonne de comptes à rendre à l’ESPE. La plupart sont sous la forme de dossiers…

Mon conseil pour les dossiers de l’ESPE : Faites le minimum syndical ! Ce que je veux dire, c’est qu’à mon sens, il est bien plus important de préparer sa classe que de passer des heures sur un dossier pour avoir une note et, la plupart du temps, aucun retour dessus (donc aucune formation à en retirer !). Pour tous les dossiers qui le permettent (des séquences à présenter, par exemple), servez-vous de votre travail en classe : une séquence d’anglais à proposer et analyser ? J’en crée une pour mon niveau d’enseignement et je l’utilise à la prochaine période ! Comme ça, vous faites d’une pierre, deux coups ! N’hésitez pas aussi à reprendre vos dossiers du concours, ils seront une bonne base. Et ne vous prenez pas la tête avec les dossiers parce que le plus important, c’est…

Le mémoire ! Vous allez en entendre parler de celui-là ! C’est un sacré boulot, mais pour une fois, celui-ci sera très formateur ! J’ai choisi pour le mien le sujet suivant : comment donner du sens aux apprentissages, notamment par la pédagogie de projet ? C’était un sujet qui m’intéressait beaucoup, j’ai donc énormément appris pendant la rédaction de mon mémoire.

Mon conseil pour le mémoire : N’attendez pas la dernière minute ! C’est un conseil un peu bateau, mais il n’en reste pas moins vrai ! Selon les ESPE, votre mémoire devra faire entre 30 et 100 pages ! Ce n’est donc pas quelque chose qu’on rédige en 2h 🙂 Je vous conseille d’attendre votre première visite en classe et de voir ce qui en ressort. Selon les pistes de travail dégagées par vos tuteurs, vous pourrez alors choisir votre sujet de mémoire : aborder un thème qui vous pose problème vous permettra de vraiment le mettre en oeuvre dans votre classe et ainsi, d’avoir une multitude d’exemples, de mises en oeuvre et d’analyses « réelles » pour nourrir votre écrit. En effet, c’est ce que le jury attend principalement : la mise en oeuvre ! C’est un mémoire professionnel, ce qui signifie qu’il doit prendre appui sur votre pratique. Niveau calendrier, de mémoire, j’ai du aboutir à ma problématique en octobre/novembre, construire mon plan en janvier et rédiger mon mémoire entre mars et avril (avec un bon coup de bourre pendant les vacances de Pâques), la remise s’étant effectuée début mai et la soutenance, une semaine après. J’ai ainsi bouclé mon mémoire deux semaines avant la date de remise, ce qui m’a permis de le faire relire à ma tutrice ESPE avant de le rendre et donc de bénéficier de ses derniers conseils.

En bonus : le site Dumas, qui recense de nombreux mémoires, et mon mémoire (qui m’a valu un 18/20)

Pour résumer : sachez vous entourer !

Pour conclure cet article un peu long (bravo si vous êtes arrivés au bout !), préparez-vous à passer une année bien chargée. Je l’ai personnellement plus « mal vécue » que l’année de concours, mais ce n’est pas le ressenti de tout le monde ! Il faut dire que je suis quelqu’un d’assez « scolaire », les révisions du concours ne m’ont donc pas semblé si affreuses…

Mon dernier conseil serait de tout faire pour que votre relation avec votre titulaire de classe, avec vos collègues et avec vos tuteurs PEMF et ESPE se passe le mieux possible.

  • Etre appuyé(e) et épaulé(e) par ses tuteurs est important : ils vont venir régulièrement juger votre travail. Soyez honnête avec eux et n’hésitez pas à les contacter et à les solliciter dès que vous en avez besoin (dans le cas où, par chance, vous ayez des tuteurs investis). J’ai eu la chance d’avoir une tutrice PEMF très disponible, qui a su m’aider à me remettre en question dès que ça n’allait pas et qui m’a accueillie régulièrement dans sa classe. C’était une vraie source de motivation : « un jour, je serai comme elle ! »
  • Vous allez aussi partager votre classe à mi-temps avec le/la titulaire du poste : pour que tout se passe bien, que les enfants soient bien et que les parents aient autant confiance en vous qu’en lui/elle, il est essentiel de beaucoup communiquer entre vous ! Avec ma binôme, nous nous écrivions à chaque « changement d’enseignante » (le mardi ou le mercredi pour elle, le vendredi pour moi) pour nous dire ce qui s’était passé dans la classe pendant notre absence, les petites infos (Untel est malade, la maman de Machin veut un rendez-vous, il y aura l’anniversaire de Truc jeudi…). De plus, nous nous voyons à chaque vacance pour faire le point sur la période écoulée et sur celle à venir. Cette grande communication a permis d’installer un climat serein dans la classe et une vraie coopération, ce qui nous a même valu des « on n’a pas vu la différence entre vous deux, je ne savais même pas qui était là le mercredi matin » par certains parents à la fin de l’année !
  • Enfin, ce sont vos collègues que vous allez voir tous les jours de classe, qui seront là avant, pendant et après vos visites, avant, pendant et après vos journées difficiles : il faut que vous puissiez avoir confiance en eux, qu’ils soient un pilier dans l’école et que vous puissiez vous reposer sur eux, tout en étant des ressources importantes pour vous. Ils font ce métier depuis des années pour la plupart, n’hésitez pas à leur poser des questions, à leur demander conseil ! Les miennes ont toujours été là pour moi, pour m’aider à préparer mon inspection, à me remonter le moral après une visite catastrophique… Et elles ont sans aucun doute contribué à ma réussite et à ma titularisation aujourd’hui ! Je ne les remercierai jamais assez !


Et vous, ancien PES, avez-vous d’autres conseils à donner aux petits nouveaux ? 

Et les futurs PES, avez-vous d’autres interrogations ? Je serai ravie de vous aider à trouver des réponses 🙂 

Et surtout, ayez confiance en vous ! Des bisous !

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